Notre but - Our goal


En cohérence avec les problématiques environnementales actuelles, nous nous sommes donnés l'objectif de vous proposer une sélection croissante de belles et bonnes plantes vivaces qui seront plus que décoratives. Elles aideront les populations menacées d'abeilles, d'insectes bénéfiques et d'oiseaux à survivre. Ils en ont besoin, et nous avons besoin d'eux pour des fonctions essentielles comme la pollinisation et le contrôle des ravageurs.

In line with current environmental issues, we have set ourselves the objective of offering you a growing selection of beautiful and good perennials that will be more than ornamental. It will help endangered populations of bees, beneficial insects and birds to survive. They need it, and we need them for essential functions such as pollination and pest control.


La situation

© Amérique du Nord la nuit



La situation



Partout, les populations d'oiseaux et d'insectes bénéfiques sont en chute libre, symptôme d'un monde qui perd sa capacité à supporter la vie. L'utilisation abusive des pesticides ainsi que la disparition des habitats et de la flore indigène les laissent sans ressources du côté des terres agricoles, des villes et même des fossés maintenant envahis de roseaux exotiques. Idem sur nos terrains résidentiels désertifiés, où les oiseaux sont incapables de trouver les insectes nécessaires (principalement des chenilles) pour nourrir leurs oisillons qui meurent de faim. Il est grand temps de réagir et nous pouvons le faire sans attendre dans nos propres cours. Et c'est facile! ... et beau!

Le meilleur espoir de la petite faune est que nous soyons beaucoup à replanter sur nos terrains des plantes indigènes, car elles sont les pourvoyeurs essentiels de la faune locale. Ces plantes ne souffriront guère des herbivores car il y a beaucoup d'organismes qui les chassent pour se nourrir.

L'objectif est de créer des îlots structurellement complexes (arbres, arbustes et plantes basses), comportant un maximum de plantes locales, ainsi qu'une litière vivante au sol. La bonne nouvelle est qu'il y a nombre de belles plantes qui se prêtent à la création de ces îlots de vie.

Nous pourrons ainsi ramener un peu de la luxuriance d'origine et habiter un monde plus apte à assurer notre propre survie.


Everywhere, populations of beneficial birds and insects are in freefall, a symptom of a world that is losing its ability to support life. They are resourceless on farmland, in cities and even in ditches now overgrown with exotic reeds. The same is true on our desertified residential lands, where birds are unable to find the necessary insects (mainly caterpillars) to feed their starving chicks. It's about time we do something about it and we can do it right now in our own backyards. And it's easy! ... and beautiful!

The best hope for small wildlife is that many of us will replant native plants on our land, as they are essential providers for local wildlife. These plants will not suffer much from herbivores because there are many organisms that hunt them for food.

The objective is to create structurally complex patches (trees, shrubs and low plants) with a maximum of native plants and a living ground litter. The good news is that there are many beautiful plants that are well suited to the creation of these islands of life.

This will allow us to bring back a bit of the original luxuriance and to inhabit a world that is more capable of ensuring our own survival.




Le jardin
Le jardin



Comme chacun le sait, nous faisons face à de nombreux périls environnementaux liés à l'activité humaine. L'équilibre complexe de notre monde, qui s'était élaboré sur des millions d'années, est profondément perturbé. Les habitats ravagés, marins et terrestres, se vident de la vie qui leur était associée. Le recul de la biodiversité est un problème critique, puisqu’il menace d'effondrement les écosystèmes* qui supportent la vie sur la planète. Pour notre propre survie, nul doute que nous devons rapidement questionner nos modes de vie et apprendre à penser autrement.

Côté jardin, révisons nos conceptions. On voit trop souvent des habitats naturels remplacés par des terrains résidentiels plantés de pelouses inutiles et de plantes souvent impropres à supporter la faune locale. Les terrains qui ne sont pas résidentiels sont agricoles et souvent c'est encore pire. C'est simple, on ne laisse pas assez d'habitats et de ressources pour éviter le déclin (parfois l'extinction) de nombreuses espèces. Nous sommes à une époque où, sur cette petite planète, nous devons apprendre à cohabiter avec la nature. Le jardin a maintenant un rôle qui inclut, mais dépasse les fonctions ornementales ou alimentaires. Les jardiniers peuvent faire une différence significative en offrant des milieux de vie propices pour de nombreux organismes. Le plus beau, c'est que cela rend le jardinage beaucoup plus captivant car il existe au jardin un univers d'une autre dimension, fascinant et méconnu, qui invite à la découverte.

Qui sont les habitants du jardin? Quels sont leurs rôles et leurs interactions? Quelles sont les plantes et les actions propices à l'enrichissement de cette communauté? C'est la réflexion dans laquelle je m'engage et que j'espère partager avec vous, au fur et à mesure de mes découvertes et de mes disponibilités à écrire.


*Un environnement donné et les êtres vivants qui l'habitent forment un écosystème lorsqu'il existe entre ses habitants, un réseau d'échange d'énergie et de matière qui permet à la vie de se maintenir. Plus la diversité est grande, plus l'équilibre est facile à maintenir.

Sylvie




Les insectes au jardin

© Insecte dans l'ambre



Les insectes au jardin



À l'exception de quelques bactéries, les végétaux sont les seuls organismes capables de produire de l'oxygène et de la matière organique. Ils le font, à partir simplement d'énergie solaire, de CO2 atmosphérique, d'eau et d'éléments minéraux simples. Les premières plantes sont apparues il y a environ 480 millions d'années. La table était mise pour l'apparition subséquente des animaux qui dépendent tous, directement ou indirectement, des végétaux pour leurs nutriments.

Bien, bien avant les dinosaures, les premiers insectes sont apparus, il y a plus de 400 millions d’années. C'est dire que les liens qui unissent les plantes et les insectes sont plus que très anciens. Chacun s'est diversifié et spécialisé en fonction de l'autre et les deux groupes dépendent l'un de l'autre. Les insectes utilisent les plantes et sont utilisés par les plantes.

Après les plantes, ce sont les insectes qui sont à la base de tous les écosystèmes terrestres. D'herbivores à carnivores, leurs modes alimentaires sont variés. En nombre et en diversité, ils constituent la plus grande partie de la faune. Ils deviennent eux-même la source essentielle de protéines pour une grande partie des animaux, dont près de 96% des oiseaux (non marins), qui en ont besoin pour eux-mêmes ou pour la croissance rapide de leurs jeunes. À titre d'exemple, on a calculé qu'une nichée de mésanges à tête noire a besoin de 400 à 500 chenilles par jour.

Nous ne pourrions pas vivre sans les insectes. En plus d'être une immense source de nourriture, ils pollinisent les plantes et sont essentiels à la survie d'une majorité d'entre elles. Notre production alimentaire dépend en bonne partie des pollinisateurs. Au bénéfice des plantes et de nous tous, les insectes décomposeurs assurent le recyclage et la remise en circulation de la matière animale et végétale morte. Les insectes jouent aussi des rôles dans la dispersion des semences et la protection des végétaux. Ils participent à l'aération du sol facilitant ainsi l'absortion de l'eau et le réapprovisionnement des nappes phréatiques.

Les insectes prédateurs ou parasitoïdes (parasites qui tuent leur hôte) sont tout aussi essentiels, car avec les oiseaux, ils maintiennent les populations d'insectes herbivores à des niveaux d'équilibre. Ils sont les fameux 'insectes bénéfiques' qu'on veut attirer au jardin pour protéger les légumes et les plantes ornementales. Plusieurs de ces insectes bénéfiques sont, à un stade de leur vie, des butineurs complets ou partiels, mais ils n'ont pas l'équipement des butineurs spécialisés. Pour faire chuter le nombre des ravageurs, on peut les attirer avec des plantes dont le nectar est facilement accessible. Un tel contrôle biologique, faut-il le dire, s'effectue en l'absence de pesticides.

Les insectes sont des habitants essentiels du jardin. Leur présence et leur diversité sont à encourager. Comme dans un écosystème, plus la diversité des plantes et des insectes est grande, plus l'équilibre est facile à maintenir.

À peine 1% des insectes peuvent être considérés nuisibles aux intérêts humains. Les problèmes majeurs d'insectes ravageurs sont souvent liés aux monocultures qui favorisent grandement la présence de ravageurs spécifiques, tout en réduisant les habitats nécessaires à leurs prédateurs. Mais les vrais gros problèmes apparaissent lorsque les ravageurs sont introduits de l'étranger et sont donc sans prédateurs locaux.



Doc

UN IMPORTANT PRÉDATEUR
DU SCARABÉE JAPONAIS EST ARRIVÉ




Les pollinisateurs


Les pollinisateurs les plus efficaces sont les abeilles, entre autres grâce à la présence de poils qui accrochent le pollen. Avec la production alimentaire qui dépend largement de la pollinisation, nous avons tous entendu parler du déclin des pollinisateurs. Celui des abeilles à miel (d'origine étrangère) est très préoccupant. Heureusement, il y a les bourdons et autres abeilles indigènes. Elles ne produisent pas de miel récoltable et sont généralement des abeilles solitaires. Elles sont des pollinisateurs hors pair, donnons-leur donc les ressources et les habitats nécessaires.

Il y a d'autres pollinisateurs. Les plus importants après les abeilles sont les mouches, particulièrement les syrphidés et les tachinidés qui sont des butineurs au stade adulte. Les larves des syrphidés ont des modes de vie variés, mais plusieurs sont des prédatrices, principalement de pucerons. Pour éviter d'être mangés, les syrphes imitent souvent les abeilles ou les guêpes, mais ils ne peuvent pas piquer. On reconnaît les mouches à leurs gros yeux, à leurs courtes antennes et à leurs ailes réduites à une seule paire. Les larves des mouches de la famille des tachinidés sont des parasitoïdes (parasites qui tuent leur hôte) spécialisés de nombreux insectes.

Bien que les mouches jouent un rôle important dans le contrôle des populations d'insectes, le rôle de 'police' du jardin est principalement tenu par les guêpes prédatrices ou parasitoïdes, dont les larves se nourrissent toutes d'insectes ou d'araignées. Au stade adulte, plusieurs espèces s'abreuvent de nectar et agissent aussi comme pollinisateurs. Pour la grande majorité des espèces, les guêpes sont des solitaires. Elles sont peu enclines à piquer et ne le feront que si elles sont malmenées. Plusieurs sont petites et équipées pour piquer un insecte et non une personne. Les guêpes sociales sont assez dociles lorsqu'elles butinent, mais elles sont bien équipées pour défendre le nid. Le plus simple, c'est d'éviter de s'approcher du nid (j'espère que vous l'avez repéré!). La colonie mourra à l'hiver et les reines hiverneront quelque part dans la nature. C'est la même chose pour les bourdons.

Les coléoptères sont les pollinisateurs les plus archaïques. On les voit s'empiffrer, souvent sans délicatesse, dans les fleurs.