Le jardin



© Amérique du Nord la nuit




Comme chacun le sait, nous faisons face à de nombreux périls environnementaux liés à l'activité humaine. L'équilibre complexe de notre monde, qui s'était élaboré sur des millions d'années, est profondément perturbé. Les habitats ravagés, marins et terrestres, se vident de la vie qui leur était associée. Le recul de la biodiversité est un problème critique, puisqu’il menace d'effondrement les écosystèmes* qui supportent la vie sur la planète. Pour notre propre survie, nul doute que nous devons rapidement questionner nos modes de vie et apprendre à penser autrement.

Côté jardin, révisons nos conceptions. On voit trop souvent des habitats naturels remplacés par des terrains résidentiels plantés de pelouses inutiles et de plantes souvent impropres à supporter la faune locale. Les terrains qui ne sont pas résidentiels sont agricoles et souvent c'est encore pire. C'est simple, on ne laisse pas assez d'habitats et de ressources pour éviter le déclin (parfois l'extinction) de nombreuses espèces. Nous sommes à une époque où, sur cette petite planète, nous devons apprendre à cohabiter avec la nature. Le jardin a maintenant un rôle qui inclut, mais dépasse les fonctions ornementales ou alimentaires. Les jardiniers peuvent faire une différence significative en offrant des milieux de vie propices pour de nombreux organismes. Le plus beau, c'est que cela rend le jardinage beaucoup plus captivant car il existe au jardin un univers d'une autre dimension, fascinant et méconnu, qui invite à la découverte.

Qui sont les habitants du jardin? Quels sont leurs rôles et leurs interactions? Quelles sont les plantes et les actions propices à l'enrichissement de cette communauté? C'est la réflexion dans laquelle je m'engage et que j'espère partager avec vous, ici-même dans cette nouvelle section 'Le Jardin', au fur et à mesure de mes découvertes et de mes disponibilités à écrire.


*Un environnement donné et les êtres vivants qui l'habitent forment un écosystème lorsqu'il existe entre ses habitants, un réseau d'échange d'énergie et de matière qui permet à la vie de se maintenir. Plus la diversité est grande, plus l'équilibre est facile à maintenir.

Sylvie




Les insectes au jardin

© Insecte dans l'ambre



Les insectes au jardin



À l'exception de quelques bactéries, les végétaux sont les seuls organismes capables de produire de l'oxygène et de la matière organique. Ils le font, à partir simplement d'énergie solaire, de CO2 atmosphérique, d'eau et d'éléments minéraux simples. Les premières plantes sont apparues il y a environ 480 millions d'années. La table était mise pour l'apparition subséquente des animaux qui dépendent tous, directement ou indirectement, des végétaux pour leurs nutriments.

Bien, bien avant les dinosaures, les premiers insectes sont apparus, il y a plus de 400 millions d’années. C'est dire que les liens qui unissent les plantes et les insectes sont plus que très anciens. Chacun s'est diversifié et spécialisé en fonction de l'autre et les deux groupes dépendent l'un de l'autre. Les insectes utilisent les plantes et sont utilisés par les plantes.

Après les plantes, ce sont les insectes qui sont à la base de tous les écosystèmes terrestres. D'herbivores à carnivores, leurs modes alimentaires sont variés. En nombre et en diversité, ils constituent la plus grande partie de la faune. Ils deviennent eux-même la source essentielle de protéines pour une grande partie des animaux, dont près de 96% des oiseaux (non marins), qui en ont besoin pour eux-mêmes ou pour la croissance rapide de leurs jeunes. À titre d'exemple, on a calculé qu'une nichée de mésanges à tête noire a besoin de 400 à 500 chenilles par jour.

Nous ne pourrions pas vivre sans les insectes. En plus d'être une immense source de nourriture, ils pollinisent les plantes et sont essentiels à la survie d'une majorité d'entre elles. Notre production alimentaire dépend en bonne partie des pollinisateurs. Au bénéfice des plantes et de nous tous, les insectes décomposeurs assurent le recyclage et la remise en circulation de la matière animale et végétale morte. Les insectes jouent aussi des rôles dans la dispersion des semences et la protection des végétaux. Ils participent à l'aération du sol facilitant ainsi l'absortion de l'eau et le réapprovisionnement des nappes phréatiques.

Les insectes prédateurs ou parasitoïdes (parasites qui tuent leur hôte) sont tout aussi essentiels, car avec les oiseaux, ils maintiennent les populations d'insectes herbivores à des niveaux d'équilibre. Ils sont les fameux 'insectes bénéfiques' qu'on veut attirer au jardin pour protéger les légumes et les plantes ornementales. Plusieurs de ces insectes bénéfiques sont, à un stade de leur vie, des butineurs complets ou partiels, mais ils n'ont pas l'équipement des butineurs spécialisés. Pour faire chuter le nombre des ravageurs, on peut les attirer avec des plantes dont le nectar est facilement accessible. Un tel contrôle biologique, faut-il le dire, s'effectue en l'absence de pesticides.

À peine 1% des insectes peuvent être considérés nuisibles aux intérêts humains. Les problèmes majeurs d'insectes ravageurs sont souvent liés aux monocultures qui favorisent grandement la présence de ravageurs spécifiques, tout en réduisant les habitats nécessaires à leurs prédateurs. Mais les vrais gros problèmes apparaissent lorsque les ravageurs sont introduits de l'étranger et sont donc sans prédateurs locaux.

Les insectes sont des habitants essentiels du jardin. Leur présence et leur diversité sont à encourager. Comme dans un écosystème, plus la diversité des plantes et des insectes est grande, plus l'équilibre est facile à maintenir.



Doc

UN IMPORTANT PRÉDATEUR
DU SCARABÉE JAPONAIS EST ARRIVÉ




Suggestions 2017


En 2017, je mets le focus sur des plantes qui attirent des insectes visiteurs. Quelques photos de ces visiteurs accompagnent les photos de plantes. Avant d'aller plus loin, je vous en parle rapidement.

Les pollinisateurs les plus efficaces sont les abeilles, entre autres grâce à la présence de poils qui accrochent le pollen. Avec la production alimentaire qui dépend largement de la pollinisation, nous avons tous entendu parler du déclin des pollinisateurs. Celui des abeilles à miel (d'origine étrangère) est très préoccupant. Heureusement, il y a les abeilles indigènes. Elles ne produisent pas de miel récoltable et sont généralement des abeilles solitaires. Elles sont des pollinisateurs hors pair, donnons-leur donc les ressources et les habitats nécessaires.

Il y a d'autres pollinisateurs. Les plus importants après les abeilles sont les mouches, particulièrement les syrphidés et les tachinidés qui sont des butineurs au stade adulte. Les larves des syrphidés ont des modes de vie variés, mais plusieurs sont des prédatrices, principalement de pucerons. Pour éviter d'être mangés, les syrphes imitent souvent les abeilles ou les guêpes, mais ils ne peuvent pas piquer. On reconnaît les mouches à leurs gros yeux, à leurs courtes antennes et à leurs ailes réduites à une seule paire. Les larves des mouches de la famille des tachinidés sont des parasitoïdes (parasites qui tuent leur hôte) spécialisés de nombreux insectes.

Bien que les mouches jouent un rôle important dans le contrôle des populations d'insectes, le rôle de 'police' du jardin est principalement tenu par les guêpes prédatrices ou parasitoïdes, dont les larves se nourrissent toutes d'insectes ou d'araignées. Au stade adulte, plusieurs espèces s'abreuvent de nectar et agissent aussi comme pollinisateurs. Pour la grande majorité des espèces, les guêpes sont des solitaires. Elles sont peu enclines à piquer et ne le feront que si elles sont malmenées. Plusieurs sont petites et équipées pour piquer un insecte et non une personne. Les guêpes sociales sont assez dociles lorsqu'elles butinent, mais elles sont bien équipées pour défendre le nid. Le plus simple, c'est d'éviter de s'approcher du nid (j'espère que vous l'avez repéré!). La colonie mourra à l'hiver et les reines hiverneront quelque part dans la nature. C'est la même chose pour les bourdons.

Les coléoptères sont les pollinisateurs les plus archaïques. On les voit s'empiffrer, souvent sans délicatesse, dans les fleurs.

Pour commencer la saison 2017,
voici des vivaces à succès auprès des butineurs.


LIGUSTICUM SCOTICUM
ASTRANTIA Roma
CHRYSANTHEMUM MACROPHYLLUM
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SOLIDAGO 'Golden Baby'
ASTER 'Sapphire'
RUDBECKIA FULGIDA var. DEAMII
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DENDRANTHEMA ZAWADSKII LATILOBUM Clara Curtis
SOLIDAGO 'Fireworks'
RUTA GRAVEOLENS 'Variegata'
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ASCLEPIAS INCARNATA
ASCLEPIAS INCARNATA 'Alba'
ASCLEPIAS TUBEROSA
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Nouveau


Je liste ici rapidement des plantes nouvellement disponibles, qui ne sont pas encore ajoutées aux index. En attendant, vous pouvez toujours faire une recherche sur internet.

Anemonopsis macrophylla