SANGUINARIA CANADENSIS

SANGUINARIA CANADENSIS

SANGUINARIA CANADENSIS

EN BREF : Sol : frais à moyen, ombre, mi-ombre, Z3, 20cm. Floraison printanière très hâtive et spectaculaire. Se propage par de gros rhizomes rougeâtres à sève orange vif. Forme un tapis dense à associer à des plantes costaudes.

IN SHORT: Soil: cool to medium, shade, half shade, Z3, 20cm. Very early and spectacular spring flowering. Spreads by large reddish rhizomes with bright orange sap. Forms a dense carpet to be combined with strong plants.

Nom commun: Sanguinaire du Canada

Famille: Papaveracées
Originaire de l'est de l'Amérique du Nord, dont le Québec.


Commentaires de Sylvie - English follows

Avec un spectacle à couper le souffle et parmi les rares plantes en fleurs en tout début de saison, les sanguinaires sont certaines d'attirer les butineurs qui sortent tout juste d'hibernation. Sans compétition, elles ménagent leurs ressources en n'offrant que du pollen aux butineurs. Le pollen est une poudre faite des cellules reproductives mâles de la plante.  Il est riche en protéines et les abeilles femelles le récoltent pour approvisionner leurs rejetons. 

Bientôt, devant la compétition, une grande variété de fleurs offriront aussi du nectar pour attirer les butineurs. C'est un liquide sucré qui est la nourriture essentielle d'un très grand nombre d'insectes bénéfiques, et dont certaines abeilles feront du miel.  Mais pour le moment, la visite des sanguinaires est décevante pour plusieurs, dont le bombyle de la photo, une mouche équipée d'une longue trompe qui ne sert qu'au nectar.

Avec une floraison aussi hâtive, les températures peuvent être trop froides pour les pollinisateurs. Heureusement, les sanguinaires peuvent également s'autoféconder.  C'est moins efficace, mais parfois utile. Au troisième jour sans pollinisation, les anthères porteuses du pollen et initialement inclinées vers l'extérieur, vont s'incliner vers l'intérieur de la fleur pour déposer du pollen sur le pistil.

À la maturité, les gousses s'ouvrent, libérant des graines coiffées d'un élaïosome, une structure charnue nutritive à l'intention des fourmis qui disperseront les graines en les amenant au nid pour nourrir leurs jeunes, pour ensuite rejeter la graine trop coriace avec leurs déchets qui sont pleins de nutriments pour la future plante.

Dans la nature, les sanguinaires sont présentes surtout dans les érablières où elles forment des tapis denses. Je vous les suggère pour la renaturalisation ou en plate-bande ombragée, en  association avec des vivaces costaudes, capables de tenir leur place (actées, amsonies, hostas, ...). Je vous vous les déconseille pour un espace restreint en compagnie de plantes plus délicates.

Comme d'autres belles plantes indigènes, elle est sur la liste des espèces vulnérables à la récolte du Québec, c’est-à-dire que l'approvisionnement du marché horticole par la cueillette en nature est une menace à sa survie. Nos jardins peuvent jouer un rôle dans la sauvegarde de certaines plantes et de la faune associée, à condition que l'enrichissement du jardin ne se fasse pas au détriment des habitats naturels. Il est important d'acheter de sources responsables qui produisent ces plantes.



SANGUINARIA CANADENSIS

Synonym: Smilacina racemosa
Common name: Bloodroot

Family: Papaveraceae
Native to eastern North America, including Quebec.


Sylvie's comments

With a breathtaking show and among the rare plants in bloom at the very beginning of the season, bloodroots are sure to attract foragers just out of hibernation.  Without competition, they conserve their resources by offering only pollen to foragers. Pollen is a powder made from the male reproductive cells of the plant.  It is rich in protein, and the female bees harvest it to supply their offspring. 

Soon, in front of the competition, a wide variety of flowers will also offer nectar to attract the foragers. This is a sweet liquid that is the essential food for a very large number of beneficial insects, and from which some bees will make honey.  But for the moment, the visit of the bloodroots is disappointing for many, including the bee fly in the photo, a fly equipped with a long proboscis which is useful only for nectar.

With such early flowering, temperatures can be too cold for pollinators. Fortunately, bloodroots can also self-pollinate.  This is less effective, but sometimes useful. On the third day without pollination, the pollen-bearing anthers, initially tilted outwards, will tilt inwards into the flower to deposit pollen on the pistil.

When mature, the pods open, releasing seeds capped with an elaiosome, a fleshy, nutritious structure for ants that will disperse the seeds by taking them to the nest to feed their young, and then discard the tough seed with their waste that are full of nutrients for the future plant.

In nature, bloodroot is found mainly in maple groves where it forms dense carpets. I suggest it for renaturalization or in a shady flowerbed, in association with strong perennials, capable of holding their place (actaea, amsonia, hostas, etc.). I don't recommend it for a small space in the company of more delicate plants.

Like other beautiful native plants, it is on the list of species vulnerable to harvesting in Quebec, meaning that supplying the horticultural market by harvesting in the wild is a threat to its survival. Our gardens can play a role in safeguarding certain plants and the associated fauna, provided that the enrichment of the garden is not to the detriment of natural habitats. It is important to buy from responsible sources that produce these plants.



Les VIVACES de l'Isle
www.vivaces.net